Les erreurs des micro-entrepreneurs débutants : celles qui coûtent (et comment les éviter dès le départ)

Sommaire

Je vais être direct : la plupart des erreurs des micro-entrepreneurs ne viennent pas d’un manque d’intelligence. Elles viennent d’un démarrage au feeling, avec une idée simple en tête : “je teste un projet” … et une réalité administrative qui, elle, ne teste rien du tout.

J’ai vu des débutants perdre des semaines parce qu’ils ont payé un “service” pour créer une micro-entreprise (alors que la démarche est gratuite), paniquer parce qu’ils n’avaient “rien gagné”.

Mais, ils devaient quand même déclarer, ou découvrir trop tard que la TVA n’était pas juste un sujet “pour les grosses boîtes”.

Et le pire, c’est que ces erreurs sont évitables avec un cadre très simple : quelques règles, une routine, et deux ou trois réflexes de pilotage.

Ce que vous allez trouver dans cet article (pour ne pas vous disperser) :

  1. Les erreurs “administratives” qui déclenchent des ennuis (déclarations, factures, TVA, CFE, ACRE).
  2. Les erreurs “business” qui créent les erreurs administratives (prix, trésorerie, provision, confusion CA/revenu).
  3. Un plan simple pour démarrer proprement : une checklist + une routine mensuelle de 10 minutes.

Avant même de parler d’erreurs : 3 règles qui évitent 80% des problèmes

Si je devais vous éviter la majorité des ennuis en micro-entreprise avec seulement trois idées, ce serait celles-là.

Pas des “astuces”, pas des hacks. Des règles de pilotage. Quand elles sont en place, les erreurs administratives deviennent rares, parce que vous ne subissez plus votre activité : vous la tenez.

1) Chiffre d’affaires ≠ revenu (et c’est LA confusion qui crée toutes les autres)

Le piège classique, c’est de voir “2 000 € encaissés” et de se dire “j’ai gagné 2 000 €”. Non. En micro-entreprise, le chiffre d’affaires, c’est le total encaissé. Le revenu, c’est ce qu’il vous reste après cotisations, impôt éventuel, et… vos dépenses réelles (outils, achats, déplacements, etc.).

Ce que je veux que vous reteniez :

  • Le chiffre d’affaires est un thermomètre.
  • Le revenu est ce qui reste dans votre poche.
  • Entre les deux, il y a des prélèvements (cotisations, parfois impôt) et il y a vos coûts.

Réflexe simple (que je fais systématiquement) :

  1. Je note mon encaissement du mois.
  2. J’enlève immédiatement une provision “cotisations/impôts”.
  3. Je ne dépense qu’avec ce qui reste.

2) Vous déclarez ce que vous encaissez (pas ce que vous “avez facturé dans votre tête”)

Deuxième piège de débutant : croire qu’on déclare ce qu’on a “vendu”, ce qu’on a “signé”, ou ce qu’on a “facturé”, alors qu’on parle souvent d’encaissement (ce qui est réellement entré sur le compte).

Conséquences typiques quand on ne fait pas la différence :

  • Vous déclarez trop tôt (vous payez des cotisations sur de l’argent pas encore encaissé).
  • Vous déclarez mal (et vous passez votre temps à corriger / stresser).
  • Vous ne comprenez plus votre trésorerie (et vous prenez des décisions au feeling).

Mon cadre, très concret :

  • Facture envoyée ≠ argent reçu.
  • Argent reçu = ligne “encaissement” (c’est ça que je suis en priorité).
  • Je garde une trace propre : date, client, montant, mode de paiement.

Et surtout : j’installe une routine (même minimale) pour ne pas “oublier”. Je préfère 10 minutes de discipline mensuelle que 3 heures de panique un dimanche soir.

3) La règle de la provision (le réflexe qui vous évite la panique)

Si vous ne faites qu’une seule chose après avoir encaissé : faites une provision immédiate.

Je vous donne une méthode ultra simple, applicable même si vous détestez l’administratif :

Créez trois lignes (dans un tableau, un bloc-notes, peu importe) :

  1. Encaissements du mois
  2. Provision (cotisations + impôt éventuel)
  3. Disponible (ce que vous pouvez réellement utiliser)

Ensuite, appliquez la règle :

  • Dès qu’un paiement arrive, je mets de côté la provision.
  • Je n’y touche pas.
  • Je ne “négocie” pas avec cette réserve, parce que c’est là que commencent les erreurs.

Pourquoi ça marche ?

Parce qu’en micro-entreprise, vous gagnez surtout en simplicité si vous êtes rigoureux sur un point : séparer ce qui est “à l’État” de ce qui est “à vous”. Tant que tout est mélangé, chaque échéance devient un stress. Quand c’est séparé, ça redevient mécanique.

Mini-check express (à faire aujourd’hui)

  • Ai-je un endroit clair où je mets ma provision (compte, sous-compte, enveloppe, catégorie) ?
  • Est-ce que je peux, en 30 secondes, dire combien est “réservé” et combien est “disponible” ?
  • Est-ce que je sais à quel rythme je dois déclarer (mensuel/trimestriel) et quand tombe la prochaine échéance ?

Les 7 décisions de départ qui évitent les erreurs “structurelles”

Il y a un moment, au début, où tout se joue : pas dans les détails, mais dans les choix de départ.

Si vous prenez ces décisions proprement, vous évitez une bonne partie des erreurs qui reviennent ensuite en boucle (et qui finissent par coûter du temps, de l’argent, et de l’énergie mentale).

1) Choisir votre date de démarrage (sans la prendre “au hasard”)

Je ne choisis jamais une date au feeling. Pourquoi ? Parce que certaines obligations se raisonnent à l’année civile, et que démarrer en fin d’année peut vous donner l’impression d’avoir “peu travaillé”… tout en déclenchant des démarches à faire très vite (notamment côté CFE).

Une entreprise est exonérée de CFE l’année de création (jusqu’au 31 décembre), puis la base est réduite de moitié l’année suivante, avec une déclaration initiale à déposer.

Mon réflexe : je choisis une date qui me laisse un “mois tampon” pour poser la routine (factures, suivi, déclarations).

2) Passer par les bons canaux (et ne pas payer pour “créer” votre micro)

Je le dis sans détour : payer un site “intermédiaire” pour créer votre micro-entreprise est une erreur très fréquente chez les débutants.

En pratique, vous voulez faire vos démarches via les canaux officiels (guichet des formalités, URSSAF/impôts), et garder votre budget pour ce qui crée du chiffre (site, offre, prospection).

3) Comprendre la règle de déclaration du chiffre d’affaires (et choisir la périodicité)

Choisir quand déclarer son CA, c’est une décision simple, mais fondatrice : mensuel ou trimestriel. Le trimestriel doit être choisi dans le mois qui suit le début d’activité, sinon vous êtes en mensuel.

Et surtout : même à 0 €, la déclaration reste obligatoire

Je vous donne mon astuce pour ne jamais oublier : je me mets des rappels fixes, et je traite ça comme une routine, pas comme une corvée.

4) Anticiper la TVA dès le départ (même si vous êtes en franchise)

La TVA est le sujet qui fait le plus mal quand on la découvre trop tard. Même si vous êtes en franchise en base de TVA au début, vous devez connaître les seuils (et le fait qu’ils sont appréciés à l’année, avec un prorata en année de démarrage). 

Repères 2026 (à garder sous les yeux) :

  • Prestations de services : seuil de base 37 500 € ; seuil majoré (tolérance) 41 250 €.
  • Vente/hébergement : seuil de base 85 000 € ; seuil majoré (tolérance) 93 500 €.

Mon objectif ici n’est pas de vous faire “devenir expert TVA”. C’est de vous éviter la surprise : je préfère que vous sachiez où est le mur, même si vous êtes encore loin.

5) Se poser la question du versement libératoire (sans le cocher “par défaut”)

Le versement libératoire peut être pertinent, mais ce n’est pas un automatisme : il dépend notamment de votre revenu fiscal de référence et de votre situation.

Pratiquement, l’option se demande à l’Urssaf avant le 30 septembre pour l’année suivante, ou avant la fin du 3e mois suivant la création si vous débutez.

Et vous pouvez en sortir (dénoncer l’option) selon des modalités encadrées.

Mon approche : je ne le conseille jamais “à l’aveugle”. Je préfère une mini-simulation simple (on le fera dans la section “erreurs” et les cas pratiques).

6) Ne pas rater l’ACRE (si vous êtes éligible)

L’ACRE peut alléger le démarrage. Ce qui tue les débutants, c’est de découvrir l’aide… après coup.

L’Urssaf a une fiche pas-à-pas, et statue en principe sous 30 jours (et sans réponse, c’est considéré accordé).

Ici, mon conseil est basique : vérifiez l’éligibilité au tout début, pas “quand vous aurez le temps”.

7) Les quatre sources de stress évitables

Quatre points que je verrouille dès la première semaine :

  1. Compte bancaire : un compte pro n’est pas obligatoire, mais un compte dédié devient obligatoire si vous dépassez 10 000 € de chiffre d’affaires pendant 2 années consécutives.
  2. CFE : retenez le principe d’exonération l’année de création, puis la logique de déclaration initiale (ne pas découvrir ça en panique).
  3. Espace pro impôts : contrairement au compte bancaire, ce dernier est obligatoire.
  4. Factures : vous devez produire une facture pour toutes ventes ou prestations. Vous devez y faire figurer la date de l’émission de la facture, le numéro unique de la facture, la date de la vente ou de la prestation de services, l’identité du vendeur ou du prestataire de services (numéro de siren, EI…), l’identité de l’acheteur ou du client, le prix… . Vous trouverez toutes les mentions attendues sur facture sur le site officiel.

Les 12 erreurs les plus fréquentes (classées par gravité)

Je les classe en 3 niveaux. L’idée n’est pas de vous faire peur, mais de vous donner une carte claire : “ce qui est bénin”, “ce qui coûte”, “ce qui peut vraiment vous mettre en difficulté”.

Niveau 1 — Ça se corrige vite (mais ça fatigue et ça peut déclencher des pénalités)

1) Oublier de déclarer votre chiffre d’affaires (même à 0 €)

  • Le piège : “Je n’ai rien encaissé, donc je ne déclare rien.”
  • Ce que ça provoque : retards, pénalités, stress, et parfois des blocages administratifs.
  • Comment éviter : je mets un rappel récurrent (mensuel/trimestriel) et je déclare “0” si besoin.
  • Si vous l’avez déjà fait : je régularise immédiatement et je documente (capture/confirmation). Obligation de déclarer même si le CA est nul. 

3) Ne pas comprendre la périodicité (mensuel vs trimestriel) et se laisser piéger

  • Le piège : découvrir après coup que “trimestriel” ne se choisit pas quand on veut.
  • Ce que ça provoque : vous ratez une échéance parce que vous pensiez déclarer plus tard.
  • Comment éviter : je choisis le rythme dès le début (et je le mets dans mon calendrier).
  • Si vous l’avez déjà fait : je re-bascule en “routine mensuelle” jusqu’à pouvoir ajuster proprement. Règles sur l’option mensuelle/trimestrielle.

4) Ne pas corriger une erreur alors que c’est faisable (à temps)

  • Le piège : “Je me suis trompé, tant pis, je verrai plus tard.”
  • Ce que ça provoque : régularisations plus pénibles, échanges inutiles, parfois majorations.
  • Comment éviter : si je vois une erreur, je corrige tout de suite dans mon espace avant la fin de l’échéance.
  • Si vous l’avez déjà fait : je garde une trace, je régularise, et j’active un contrôle simple avant validation. Modification possible via l’espace en ligne avant la fin de l’échéance.

Niveau 2 — Ça coûte (argent, temps, crédibilité)

5) Fixer vos prix sans provision (cotisations + impôt éventuel)

  • Le piège : “Je prends le prix du voisin / je fais simple / je verrai plus tard.”
  • Ce que ça provoque : vous travaillez… mais vous vous payez mal, et vous subissez chaque échéance.
  • Comment éviter : j’intègre une provision automatique dans mon prix (et je calcule ma marge “après tout”).
  • Si vous l’avez déjà fait : j’augmente progressivement (nouveaux clients d’abord), et je corrige mon offre plutôt que de m’épuiser.

6) Croire que “toutes les dépenses sont déductibles” en micro-entreprise

  • Le piège : appliquer la logique “entreprise classique” à la micro.
  • Ce que ça provoque : vous sous-estimez vos coûts, et votre modèle devient fragile si vos charges sont élevées.
  • Comment éviter : je pars du principe que je déclare du CA, pas un résultat net, et que mes charges réelles ne sont pas déduites au réel.
  • Si vous l’avez déjà fait : je re-calcule ma rentabilité ; si les charges sont importantes, j’envisage un régime réel plutôt que de forcer en micro.

7) Faire des factures “à peu près” (mentions obligatoires oubliées)

  • Le piège : facture bricolée, numérotation incohérente, ou mention TVA oubliée.
  • Ce que ça provoque : litiges clients, et risque en cas de contrôle (formalisme).
  • Comment éviter : je pars d’un modèle conforme, je numérote, et j’ajoute les mentions adaptées (dont la mention de franchise si concerné). Je vous conseil de bien choisir votre logiciel de facturation.
  • Si vous l’avez déjà fait : je corrige le modèle pour la suite, et je garde une trace des factures déjà émises (et j’ajuste avec avoir/rectificatif si nécessaire). Mentions obligatoires et mention “TVA non applicable, art. 293 B”. 

8) Ne pas tenir un suivi minimal (livre des recettes + conservation des justificatifs)

  • Le piège : “Je verrai à la fin de l’année.”
  • Ce que ça provoque : vous perdez du temps, vous vous trompez dans vos déclarations, et vous stressez à l’idée d’un contrôle.
  • Comment éviter : je tiens un livre de recettes (même simple) et j’archive mes pièces.
  • Si vous l’avez déjà fait : je reconstruis à partir des relevés bancaires + factures, puis je mets un système “au fil de l’eau”. Obligations comptables et conservation (10 ans).

9) Tout mélanger (pro/perso) et perdre le fil de votre trésorerie

  • Le piège : un seul compte, aucune séparation, aucune catégorie.
  • Ce que ça provoque : erreurs de déclaration, décisions au feeling, et “je ne sais plus où j’en suis”.
  • Comment éviter : je sépare au minimum les flux (même si ce n’est pas un compte pro), et je catégorise (provision / charges / disponible).
  • Si vous l’avez déjà fait : je repars sur 30 jours propres, puis je remets de l’ordre rétroactivement si nécessaire.

Niveau 3 — Ça peut vraiment vous mettre en difficulté

10) Ignorer la TVA (jusqu’au jour où vous “tombez dedans”)

  • Le piège : croire que la TVA “ne me concerne pas” parce que vous débutez.
  • Ce que ça provoque : bascule non anticipée, erreurs de facturation, rattrapage, et marge qui s’effondre si vos prix n’étaient pas construits pour ça.
  • Comment éviter : je connais le principe de la franchise, je surveille les seuils, et je mets la mention correcte sur facture quand je suis en franchise.
  • Si vous l’avez déjà fait : je stoppe l’impro, je vérifie ma situation (dates + CA), et je corrige la facturation avec méthode (pas au hasard). Franchise en base, mention sur facture, et obligations TVA selon situation. Cliquez ici pour voir si vous pouvez bénéficier de la franchise de tva.

11) Oublier l’espace pro (impots.gouv) et la CFE… puis découvrir ça “trop tard”

  • Le piège : penser que “tout est géré automatiquement” après la création.
  • Ce que ça provoque : courriers manqués, démarches en urgence, incompréhensions sur la CFE.
  • Comment éviter : je crée mon espace professionnel et je traite la CFE comme une échéance à intégrer.
  • Si vous l’avez déjà fait : je contacte mon SIE, je régularise, et je mets un rappel annuel. Création de l’espace pro et règles CFE/déclaration initiale.

12) Se faire piéger par des arnaques ou négliger une assurance obligatoire (selon activité)

  • Le piège : courrier “officiel” qui fait peur, faux sites, ou activité à risque sans couverture adaptée.
  • Ce que ça provoque : pertes financières immédiates, et parfois responsabilité lourde si un problème survient.
  • Comment éviter : je vérifie toujours la source (sites officiels), je ne paie jamais sous pression, et je valide les obligations d’assurance liées à mon activité.
  • Si vous l’avez déjà fait : je stoppe les paiements, je signale, et je sécurise mes démarches (et je m’assure correctement si mon activité l’exige). Alerte INPI/Insee sur fraudes SIRENE et repérer les faux sites administratifs ; exemple d’obligation d’assurance décennale en construction.

Mon système anti-erreurs : la routine mensuelle de 10 minutes

Je n’essaie pas d’être “bon en administratif”. Je rends l’administratif inévitablement simple, en le transformant en routine. C’est ce qui fait la différence entre “je subis” et “je pilote”.

L’idée est la suivante : une fois par mois (ou une fois par trimestre si vous êtes au trimestriel), je fais toujours la même séquence, dans le même ordre. Pas plus.

1) Le tableau de suivi (le cœur du système)

Je tiens un tableau très basique. Pas un tableur complexe : un tableau qui répond à 4 questions en 30 secondes.

Les 4 questions :

  1. Combien j’ai encaissé sur la période ?
  2. Combien je dois mettre de côté ?
  3. Combien j’ai vraiment “disponible” ?
  4. Est-ce que je m’approche d’un seuil important (TVA, plafonds, etc.) ?

Mon modèle (copiable tel quel)

  • Encaissements (période) : ____ €
  • Provision “charges + impôts” : ____ €
  • Dépenses pro (période) : ____ €
  • Disponible réel : ____ €
  • Seuils à surveiller : “OK / À surveiller / Alerte”
  • Prochaine échéance : date + action (déclarer / payer / vérifier)

Ce tableau me sert à éviter deux erreurs qui reviennent tout le temps :

  • me raconter une histoire avec mon chiffre d’affaires (alors que mon “disponible” est la vraie info)
  • découvrir une échéance au dernier moment

C’est exactement l’esprit de mes articles sur la gestion du temps : je réduis la friction, je standardise, et je garde de l’énergie pour l’essentiel (vendre, livrer, progresser).

2) Le calendrier simple (je n’improvise jamais les échéances)

Je ne mémorise rien. Je programme.

Je fais deux choses, très concrètes :

  • Je note mes dates exactes depuis mon espace URSSAF (elles dépendent de votre périodicité et de votre calendrier).
  • Je mets deux rappels : un rappel “préparer” et un rappel “déclarer”.

Exemple de structure de rappels (sans vous tromper)

  • Rappel 1 : “Préparer déclaration” (2–3 jours avant)
  • Rappel 2 : “Déclarer + vérifier confirmation” (jour J)
  • Rappel 3 : “Archiver preuve + mettre à jour tableau” (immédiatement après)

Pourquoi c’est important ? Parce que beaucoup de débutants ne font pas “une grosse erreur”. Ils font une petite omission répétée. Et cette répétition, c’est ce qui finit par coûter.

3) Les 5 contrôles rapides (checklist anti-panique)

Quand je fais ma routine, je passe cette checklist en moins de 5 minutes.

  1. Encaissements : est-ce que tout ce qui est entré est bien tracé (date, client, montant) ?
  2. Factures : numérotation continue + modèle stable (je ne “bricole” pas).
  3. Mentions : si je suis en franchise, la mention TVA appropriée est bien présente ; sinon, je sais exactement ce que je dois faire.
  4. Archivage : je range les factures (et justificatifs utiles) dans un dossier unique, par mois.
  5. Seuils : est-ce que je suis “loin / proche / très proche” d’un seuil qui change mes règles du jeu (TVA notamment) ?

Ce mini-rituel a un effet secondaire très puissant : il diminue l’anxiété. Et quand l’anxiété baisse, on prend de meilleures décisions business (prix, offre, prospection).

Mise en place express (si vous partez de zéro)

Si vous démarrez aujourd’hui, je ferais ça en 20 minutes :

  • 1 dossier “Micro-entreprise” (Factures / Recettes / Déclarations / Divers).
  • 1 modèle de facture propre (toujours le même).
  • 1 tableau de suivi (le modèle plus haut).
  • 3 rappels calendrier (préparer / déclarer / archiver).

3 mini-cas pratiques (pour rendre tout ça concret)

Je vais volontairement rester simple. L’objectif n’est pas de faire une simulation parfaite au centime près, mais de vous faire sentir les mécanismes. Les erreurs des débutants viennent rarement d’un détail technique… elles viennent d’un mauvais modèle mental.

Cas n°1 — Prestations de service : le piège “je me paie trop tôt”

Vous lancez une activité de prestation (coaching, consulting, graphisme, rédaction…). Vous encaissez 2 000 € ce mois-ci. Vous vous dites : “OK, je peux respirer.” Vous vous versez 1 500 €.

Ce qui se passe ensuite : à l’échéance, vous devez payer vos cotisations (et parfois un impôt si vous avez opté pour le versement libératoire). Et là, vous faites l’erreur classique : vous payez avec ce qu’il reste… donc avec de la trésorerie qui devait servir à vivre, à investir, ou à amortir les mois plus faibles.

Mon réflexe (la version “propre”)

  1. Encaissement : 2 000 €
  2. Provision immédiate : une part “charges/impôts” mise de côté (sans négociation)
  3. Disponible : ce qui reste, seulement ça, devient votre marge de manœuvre

En prestation, votre plus grand risque n’est pas de “manquer de clients” au début. C’est de mal piloter votre trésorerie quand ça commence à rentrer. Les mois où vous encaissez bien sont précisément ceux où vous devez être le plus rigoureux, sinon vous transformez une bonne nouvelle en stress futur.

Cas n°2 — Vente de produits : le piège “je confonds chiffre d’affaires et marge”

Vous vendez des produits. Vous faites 3 000 € de chiffre d’affaires sur un mois. Vous êtes content. Sauf que vos produits vous ont coûté 1 800 € (achat, livraison, packaging), et vous avez des outils + frais annexes.

L’erreur typique du débutant : il regarde le chiffre d’affaires comme un score. Mais en vente, le score réel, c’est la marge.

Le cadre simple que j’utilise :

  • Chiffre d’affaires : 3 000 €
  • Coût des produits vendus : 1 800 €
  • Marge brute : 1 200 €
  • Puis seulement après : provision charges/impôts + frais fixes

En vente, vous pouvez “cartonner” en chiffre d’affaires… et être fragile en trésorerie si vos marges sont faibles ou si vous payez vos stocks avant d’encaisser. Donc ici, la routine anti-erreurs inclut un suivi de marge, même basique. Sinon vous pilotez en aveugle.

Cas n°3 — Activité à charges élevées : quand la micro devient une erreur de statut

Votre activité demande beaucoup de dépenses : matériel, sous-traitance, déplacements, logiciels, matière première… Vous encaissez 4 iOu00 € sur un trimestre, mais vous avez 2 500 € de dépenses pro réelles.

L’erreur : rester en micro-entreprise “par défaut” en pensant que c’est toujours le plus simple, alors que vos charges viennent manger votre revenu. Comme vos dépenses ne sont pas déduites au réel, votre modèle peut devenir moins intéressant qu’un régime réel (ou une structure adaptée), surtout si vous grandissez.

Ce que je fais dans ce cas : je ne “force” pas la micro. Je reviens à une question stratégique :

  • Est-ce que mon activité est naturellement “faibles charges” (micro-friendly) ?
  • Ou est-ce que mon activité est “charges élevées” (et donc la micro est peut-être une phase, pas une destination) ?

La micro-entreprise est un excellent régime pour démarrer vite et tester, mais ce n’est pas toujours le meilleur régime pour optimiser votre revenu net quand vos charges montent. Le plus grand piège, c’est de vous attacher au statut au lieu de choisir le cadre qui sert votre projet.

Conclusion — démarrer en micro sans se piéger (ma synthèse)

Si vous deviez retenir une seule idée, ce serait celle-ci : en micro-entreprise, ce n’est pas la complexité qui vous met en danger, c’est l’improvisation.

Ma synthèse en 5 lignes (extractible)

  1. Je pilote mon activité avec une règle simple : chiffre d’affaires ≠ revenu.
  2. Je déclare ce que j’encaisse, pas ce que je “pense avoir vendu”.
  3. Je mets de côté une provision dès chaque encaissement (et je n’y touche pas).
  4. Je sécurise mes décisions de départ (TVA, CFE, ACRE, versement libératoire, factures, arnaques).
  5. Je rends tout ça mécanique avec une routine mensuelle de 10 minutes.

Et si vous êtes en train de vous lancer, je vous propose une démarche très entrepreneuriale : n’essayez pas d’être parfait. Essayez d’être clair. La micro-entreprise peut être un excellent terrain de test… à condition de poser un cadre minimal dès le début.

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12 réponses

  1. Merci pour ton article ! Malheureusement, je me reconnais dans plusieurs de ces erreurs. La bonne nouvelle c’est que je vais pouvoir travailler dessus…

    1. Je vous rassure, de nombreuses personnes ont fait au moins l’une de ces erreurs. Ce qui ne veut pas dire que l’on ne va pas réussir, mais autant mettre toutes les chances de notre côté.

  2. Merci pour cet article ! Il résume bien les différentes étapes pour réussir à créer son projet. Il y a tellement de choses à prendre en compte que ça peut faire un peu peur au départ… Au moins cet article est un bon starter pour partir sur de bonnes bases !

  3. Merci pour ce rappel des pièges et erreurs à éviter pour tout entrepreneur en herbe qui se lance ! Ton article est une véritable mine d’informations pratiques et pertinentes. Cela va certainement aider de nombreux entrepreneurs à naviguer plus sereinement dans les eaux parfois tumultueuses de la création d’entreprise ; )

  4. En voilà des clés importantes !

    Personnellment, j’avais négligé le branding à mes débuts et j’ai encore du mal à nouer des partenariats pour le moment.

    Merci pour ces conseils.

    Rahner.

  5. Très bon article, complet et clair. On ne nous apprend pas à être entrepreneur à l’école mais plutôt salariés. C’est mon avis. Et les conséquences s’en font ressentir au moment de devenir chef d’entreprise.

    1. En effet l’école ne nous apprend pas à être entrepreneur. D’ailleurs est-ce que cela doit être la cas ? Tout le monde ne veut pas devenir entrepreneur et ce n’est pas fait pour tout le monde. En plus, est-ce que l’entrepreneuriat s’apprend vraiment ?

  6. Merci Mickael pour ton article très complet. J’essaie de mettre en place ce que tu prodigues. Travaillant seule, je suis dans 2 associations d’entrepreneurs et ça fait du bien d’échanger et ce que j’adore c’est me former. Je me dis parfois, que si je pouvais faire que ça et en vivre ça serait géniale !

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